ERRATUM
: Il est impératif que la mise au point soit « chirurgicale »
Alain Oguse - Juin 2026
Ce site est destiné à documenter ma réalisation d'un prototype pour numériser des négatifs noir et blanc 24x36 TriX en préservant ses textures les plus subtiles. J'ai fini un jour par obtenir les résultats dont je rêvais...
Et pourtant il restait dans mon process une erreur majeure
(ERRATUM) !
Le
soufflet du porte-objectif de l'agrandisseur sera descendu pour la
prise de vue évitant ainsi de devoir faire l'obscurité totale dans
la pièce En effet, de temps à autre je n’obtenais plus les
mêmes résultats. Le grain paraissait à nouveau grumeleux, pâteux,
moche, sans que je parvienne à me l'expliquer. Maintes fois j'ai
repris tous les réglages, sans succès. C'est en vérifiant les dates de
mes derniers fichiers, que je me suis rendu compte qu'une de ces
brutales dégradations s'était produite après un changement de format
du négatif. Cela m'a fait penser à un problème de défaut de
mise au point. Pourtant j'y mettais grands soins ! En
désespoir de cause - et à tout hasard - je me suis décidé à tenter
d'améliorer mon système de mise au point que je trouvais malcommode et
avec lequel je me débattais depuis le début. Si cela n'améliorerait
pas la situation, cela ne risquait pas de l'aggraver.
La photo ci-contre montre le soufflet Nikon et la colonne de l’agrandisseur Krokus qui permettaient encore à ce stade de faire la mise au point. C'est cela qu'il fallait améliorer.
C'est en marchant dans les bois - il faut toujours marcher quand on a
besoin de réfléchir - qu'une idée toute simple m'est venue :
Une
règle sur la colonne de l'agrandisseur et un cure-dent
-
Ajouter une graduation millimétrique sur la colonne de l'agrandisseur et coller en face la pointe d'un cure-dent,
-
Faire un premier essai aussi soigné que possible. Puis, grâce au cure-dent, faire une « fourchette », c'est à dire des essais supplémentaires en décalant la mise au point, millimètre par millimètre, vers le haut puis vers le bas.
Grosse surprise ! C'est bien là que se cachait le problème.
Les images ci-dessous présentent les résultats obtenus pour des décalages par incréments de 3 mm. J'ai choisi une image sans intérêt, sans détails risquant d'interférer avec le grain, mais avec des ombres, ainsi que des gris légers, qui sont les zones plus critiques. L'affichage est à 100 % On pourrait penser que les comparaisons faites sur l'affichage à 100 % d'un 36 Mpx1 n'ont pas grand sens pour des tirages en plus petits formats. Mais pour les formats qui nous occupent ici, A3 ou A4, j'affirme au contraire que cela permet d'évaluer correctement les résultats., avec postproduction sans renforcement du contraste afin de permettre une comparaison équitable.
La version encadrée en rouge, me redonne le sourire : j'y retrouve toutes les finesses que j'espérais. Mais il fallait pour l'obtenir décaler légèrement la mise au point par rapport à ce qui me semblait au départ le meilleur réglage (légendé Map LiveView).

Ce côté « caméléon » du grain, capable d'apparaître sous des textures
si différentes selon l'ampleur de l'erreur de mise au point me
surprend ! Le pire est que j'y retrouve les résultats décevants
que j'ai souvent obtenus par le passé et qui m'ont donné tant fil à
retordre en postproduction, sans que jamais je puisse obtenir un
résultat régulier ! Je reconnais que je m'en contentais en
considérant que c'était tout de même meilleur qu'avec toutes les
autres techniques que j'avais essayées. Mais il y avait là
quelque-chose d'aléatoire sur quoi je ne me suis pas interrogé assez
tôt !
Enfin une explication sérieuse et LA solution
Puis Arno Godeke J'ai grand plaisir à citer les travaux d'Arno dont j'ai pu admirer la grande qualité des résultats. Une approche très originale et inattendue, fondamentalement différente de la mienne. fit son entrée dans cette intrigue. Sa gentillesse, ses compétences techniques et scientifiques – que je lui envie tant – m’ont permis de mesurer combien la mise au point est, à l'inverse de ce que je pensais, extrêmement cruciale ATTENTION : C'est une surprise car en totale contradiction avec ce que j'avais si souvent lu sur le net, affirmant qu'en lumière collimatée le réglage de la mise au point n'est pas « critique »… C'est sans doute parce que cette fausse information semble logique aux premiers abords que je n'ai malheureusement pas cherché à la vérifier. Cette grossière erreur qui m'a fait perdre beaucoup de temps et d'énergie. . Dans son blog https://www.arnogodeke.com/Blog/Using-a-scanner-lens-for-DSLR-scanning Arno évoque des effets visibles sur la netteté pour des décalages de seulement 0,1 mm !
Comment prendre en compte la nécessité d'une si grande précision ? Il me fallait un outil bien adapté, et cela pour un prix raisonnable. Heureusement j''ai trouvé cette petite table coulissante de précision (26 €) https://www.arnogodeke.com/Blog/Using-a-scanner-lens-for-DSLR-scanning. J'y ai ajouté une cornière en alu fixée au talon de mon soufflet. Ainsi je dispose enfin d'un réglage micrométrique de la mise au point. Ce n'est plus la tête de l'agrandisseur qui se déplace, mais le Nikon D810 avec son soufflet : plus logique, plus facile, plus souple.
Ainsi équipé je parviens à voir effectivement en postproduction la différence de netteté des images faites avec un décalage de la mise au point de 0,2 mm. Mon erreur est enfin corrigée et mes résultats devenus cohérents.
En réaction à mes tests, Arno a eu une idée incroyable. Comme il est en lumière diffuse avec du matériel optique de qualité optimum, plutôt que tout remettre en cause d'emblée, il tout simplement ajouté un "filtre de confidentialité" devant son négatif. L'effet sur la collimation de la lumière est impressionnant. Il m'a envoyé un fichier TIFF pour que je puisse tester ses résultats. Eh bien, c'est tout simplement excellent. A tel point que, comme lors de mes propres essais, j'ai ressenti le besoin d'atténuer le grain pour l'adapter à ce portrait féminin. Top ! Bravo Arno pour cette idée aussi surprenante qu'efficace !